Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 15:34

La perte d’un enfant est un sujet tabou, un sujet qui fascine et angoisse à la fois. Sujet délicat et difficile à  aborder, on en parle à mi-mots, parfois on ne dit rien du tout.

Mais si les mots manquent, pour ceux qui le vivent, la douleur est bien là. Le besoin et l’envie d’en parler aussi, le besoin de faire exister ce petit ange parti trop tôt, un besoin de reconnaissance qui peut parfois s’avérer salvatrice.

Chaque histoire est différente, chaque vécu aussi.  C’est pourquoi « Livre des anges » donne la parole aux proches de ces bébés nés sans vie ou partis trop tôt.

 


Nos enfants, c’est notre éternité. Robert Debré

 


Si vous souhaitez vous aussi rendre hommage à un ange ou seulement nous écrire, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : Livre_des_anges@live.fr 

Par Mamange - Communauté : vie de mamange
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 10:19

Dans ces lignes vous partagerez mon histoire et celle de ma fille Adeline. Les articles seront volontairement plus ou moins flous, selon mes envies du moment de vous dévoiler ou non cette douloureuse perte qu'est la mort de ma fille.

Ce texte est la première lettre que j'ai écrite pour mon ange.

Adeline, ma fille, mon bébé, mon ange…

 

J’écris comme si je te parlais. Comme si tu pouvais « entendre » ce que je ressens et ce que je pense en ce moment.

 

Je n’écris pas pour me plaindre ni pour attirer la pitié. J’écris pour me libérer, pour essayer de faire mon deuil, et pour tenter de comprendre et d’accepter ce qui est arrivé.

 

Je ne raconterai pas « entièrement » ton histoire, mon histoire. C’est un choix de ma part, et je ne pourrai pas tout raconter encore une fois de toute façon. Les mots qui vont suivre sont (peut-être) une délivrance et un hommage que je tiens à te rendre mon bébé, même si tu n’auras jamais vu le jour et que je n’aurai jamais eu la joie de t’entendre crier pour la vie…

 

Lorsque j’ai appris que tu avais fait ta place dans mon ventre, tu n’étais pas plus grosse qu’un haricot, et pourtant tu avais déjà une place immense dans mon cœur et dans celui de ton papa.

 

Les jours, les semaines passaient, et j’attendais avec impatience de te voir une première fois, puis une seconde… C’est d’ailleurs à partir de cette « seconde rencontre » que tout a commencé à s’écrouler… On te découvrait des problèmes de semaine en semaine, et ces problèmes étaient à chaque fois un peu plus importants… Pourtant j’ai toujours pensé que tu tiendrais le coup. J’ai douté de moi, c’est vrai, surtout de ma capacité à prendre soin de toi inconsciemment. Et quelque part j’avais raison de me méfier…

 

Ce jeudi 26 juin 2008, un mois précisément après avoir diagnostiqué un premier « problème », la nouvelle tombe. Ton cœur a cessé de battre… On ne sait pas depuis quand, pourquoi, et je n’ai même pas senti de changement intérieurement… Je n’ai toujours pas compris pourquoi toi, mon bébé surprise, mon bébé bonheur, tu es parti.

 

Je t’en ai d’abord voulu de nous avoir laissés dans cette détresse, puis cette peine et cette colère je les ai retournées contre moi. Toi tu n’y étais pour rien, c’est moi, ta maman, qui étais censée te protéger ! Et je n’y suis pas arrivée…

 

Tu es « née » le mardi 1er juillet 2008 à 12h03… Je t’ai senti glisser, m’échapper à tout jamais, mais j’étais tellement assommée par les médicaments que je n’ai pas réalisé tout de suite que tu ne faisais plus partie de moi. Aujourd’hui je me sens vide. Vide de toute sensation ou envie. J’ai du mal à accepter le fait que tu ne sois déjà plus là… Je suis en colère mais je ne peux la déverser sur personne, puisque personne n’est coupable… La nature à décidé que tu ne devais pas voir le jour. Que tu ne devais jamais être serrée et cajolée dans les bras de tes parents… C’est tellement injuste…

 

Je ne t’oublierai jamais mon bébé-ange. Tu fais désormais partie des étoiles mais tu feras toujours partie de moi, de mon cœur… Je t’aime.

 

Par Mamange - Publié dans : Adeline - Communauté : vie de mamange
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 12:25

 

Mon amour, ma vie, mon éternelle

Cet article est une façon de te rendre hommage mon amour afin que tu saches à quel point je t'aime.
Tu me manques


Mon amour je t'ai portée 8 mois, 8 mois de pur bonheur, 8 mois que nous t'attendions avec tant d'impatience, 8 mois qui étaient si longs mais qui étaient passés tellement vite vu que tu allais arriver ce jour j'en étais sûre.

Tout était prêt pour toi, il ne manquait plus que toi. Que toi mon amour. Mais tu n'es pas là mon cœur, pas comme je l'attendais.

Quelques contractions, j'en suis sûre te voilà. Nous sommes tous très impatients. Je n'ai rien senti et pourtant rien ne va.

Papa m'emmène à la maternité ; il ne peut
pas rentrer pour le moment : je dois passer des examens. Il est heureux : il va être papa une deuxième fois.

Mais je ne comprends pas : cet appareil ne marche pas, on n’entend pas ton petit cœur. Quelque chose ne va pas : c'est cet appareil qui ne fonctionne pas. Mais tous les appareils ne fonctionnent pas. Ton petit cœur a cessé de battre ce matin-là.

J'ai cru mourir à cet instant. C'est fini : "plus de rythme cardiaque, nous sommes désolés". Je ne peux pas, je ne veux pas. C'est pas possible, je vais mourir.

C'est inconcevable, je vais accoucher mais tu ne seras pas là, tu ne pleureras pas, nous ne croiserons jamais ton regard.

Tu es arrivée mon amour, tu es si belle mais tu ne pleures pas. Nous t'avons vue quelques minutes mais nous avions tant d'amour à te donner. Tu t'es échappée de moi, j'aurais voulu te garder pour toujours en moi. J'ai si mal mon amour. Je ne pourrai plus jamais te serrer dans mes bras.

Et maintenant qu'allons-nous devenir sans toi ? Nous sommes perdus sans toi.
Je te parle mais tu n'es pas là, tu ne me réponds pas
Je t'embrasse mais ce ne sont que des photos.
Je parle de toi, mais tu n'es pas là.
C'est pas comme ça la vie - Pas dans ce sens-là

Cela va faire 2 mois, sans cesse je pense à toi. Tu as changé ma vie pour toujours.
Chaque chose que je fais, chaque pas me fait penser à toi.
Le temps est long sans toi, mais j'espère et je suis sûre que l'on se retrouvera....


Je t'aime.


                                                                  
  Morgane - Le 07/04/09 - 00h24
                                                                                                     1kg980 - 47Cm

Mais pouvez-vous comprendre :

 

J'accepterai vos paroles
Pour me voler un sourire
Mais c'est plutôt votre épaule
Qui saurait mieux me guérir
Comprenez-vous  ma douleur
Le sort auquel on me livre
Car c'est ma chair que je pleure
C'est sans issue, je dois vivre

Par Mamange - Publié dans : Morgane - Communauté : vie de mamange
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 11:33

Voilà maintenant 6 longs mois que tu es loin de nous ma fille ! Malgré le temps qui passe je ne cesse de penser à toi.

Voilà un joli moi de Mai qui m'annonce que j'ai une petite crevette qui commence à grandir en moi, une nouvelle que j'attendais tant, je l'espérais notre petit « nous » et voilà tu étais là. Les mois ont défilé et malheureusement avec des hauts et des bas. Je me souviens que lorsque je m'allongeais je regardais mon ventre, tu me faisais des vagues.

Mais voilà le 26 Novembre 2008, une terrible nouvelle nous accable mon enfant, tu es gravement malade, une maladie n'étant pas compatible avec la vie. Nous avons du prendre une décision terrible : te laisser partir mon enfant !

Tu avais déjà de jolis cheveux noirs, tu mesurais 50 cm pour 2kg400 environ. Tu avais de longues jambes comme ton papa à la naissance. Je t'ai embrassée, regardée pour avoir une image éternelle de toi et nous t'avons dit notre dernier adieu dans la salle papillon où tu as pu prendre ton envol. Je me souviens que je me suis dit « c'est pas possible comment je vais pouvoir continuer à vivre, je rêve, cela ne se passe pas, je vais me réveiller »

Aujourd'hui, je sais que cette décision a été la meilleure pour toi, mais je ne cesse de me demander si c'était le bon choix même si au fond de moi je connais la réponse. J'aurais aimé te dire « bon anniversaire ma chérie », à la place j'allume une bougie en pensant que tu aurais 6 mois aujourd'hui.  J'aurais aimé te regarder grandir, te voir sourire, te couvrir de bisous !!!! Mais la vie en a décidé autrement. Comment se remettre d'une telle épreuve ? On ne s'en remet jamais, on apprend à vivre avec !

Nous t'aimons et nous t'oublierons jamais, tu resteras à jamais notre premier enfant et tu auras à jamais une place dans notre coeur.

Aujourd'hui je sais que je ne serai jamais la même, mais une chose qui est sure c'est que je vivrai pour toi, je me battrai pour toi mon enfant.

 

 

Mon enfant, notre « nous »

 

Ta présence a illuminé ma vie

Malgré ma douleur vive

Je suis fière de t'avoir portée

Mais je n'ai pu te protéger

Mon ventre fut ton refuge

Pour un court passage

Mais je ne regrette rien

 

Malgré le temps,

Ma douleur reste la même

Le goût de la vie n'est plus le même

Mais je resterai forte pour toi

Je me battrai et vivrai pour toi

Malgré que je sois vulnérable

J'essayerai d'être une maman agréable

Pour toi mon enfant.

 

L'amour d'une mère remplit mon coeur

Malgré que ce dernier soit plein de rancoeur

Envers cette vie qui t'a pris

Mais notre rencontre m'a tant appris

Je suis une autre femme

Et mon coeur a une flamme

Qui ne cessera de vivre.

 

Je t'aime mon ange, mon amour, mon enfant, Notre « nous »

 

 

Par Mamange - Publié dans : Phanou - Communauté : vie de mamange
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 10:26
Quelques lignes pour partager notre histoire. Quelques lignes pour rendre hommage à mon ange. Quelques lignes pour qu'elle ne soit pas oubliée. Quelques lignes pour l'aimer encore et toujours...



Le 26 novembre 2008, c'est la Ste Delphine, c'est aussi je jour où je récupère les résultats de la prise de sang qui annoncent ta présence dans mon ventre. Ce jour-là, je prends conscience de ta présence en moi, ce jour-là débute notre histoire, ce jour-là je t'aime pour la première fois et sais que cet amour-là, rien ne pourra jamais l'effacer.

Tu grandis dans mon ventre... Je te vois à l'échographie, ton papa est là qui me tient la main, c'est si émouvant. Tu naîtras le 07/08/09, j'adore cette date, je trouve que c'est un bon jour pour naître. Tu seras un petit Lion comme papa, papy Jean-Pierre et ton arrière grand-mère, Mamie Marcelle... C'est si bien tout ça...

Le 2 avril, ton papa vient de rentrer d'une semaine au ski, je suis heureuse de le retrouver et si fière avec mon ventre rond. Mais vers 22h, je perds les eaux. L'écho morpho étant prévue pour le lendemain, nous restons à la maison et rien ne se passe...

Le 3 avril à la maternité, il n'y a plus de liquide amniotique dans mon ventre. Je suis hospitalisée, on me met des antibiotiques en perfusion. J'y crois encore, je crois que je vais juste devoir rester allongée jusqu'à ta naissance... Le 6 avril, on m'envoie rencontrer un spécialiste lyonnais. Dans l'ambulance qui m'emmène à Lyon, je sens à chaque creux de la route ce précieux liquide que nous avons fabriqué toi et moi ces derniers jours qui s'écoule... Le médecin me fait une échographie. Il nous explique que tu vas bien, que tu n'as pas mal, mais que tu es "au sec". Tout va bien pour toi, tant que je respire pour nous deux, ma princesse, tout va bien. Mais sans liquide tes poumons ne se formeront pas, si je te mets au monde mon amour tu ne pourras pas vivre.

Ma vie s'écroule mon étoile parce que nous allons être séparées. Papa et moi avons pris la décision la plus dure de nos vies : celle de ne pas te laisser grandir plus longtemps, celle de te faire naître bientôt, celle de te dire au revoir avant de t'avoir vraiment connue.

Le lendemain, on me donne des cachets pour arrêter ton coeur. C'est si dur mon bébé de faire ce geste, c'est si dur de ne pas partir en courant et te garder dans mon ventre pour toujours.

Nous t'avons choisi un joli prénom : tu t'appelleras Gabrielle puisque c'est un prénom d'ange. 

Le 9 avril, il est 14h22 quand tu viens au monde. Quand la sage femme t'amène à nous, tu es si belle. Tu es parfaite mon ange, tellement parfaite que mon coeur s'envole avec toi pour toujours. Tu as la bouche de ton papa, tu fais cette petite moue qui est la copie en miniature de ton père lorsqu'il dort. C'est un sentiment si étrange, cette fierté qui s'empare de moi : tu es tellement magnifique que je ne comprends pas comment j'ai réussi à te "fabriquer" dans mon ventre. Tu es si parfaite. L'injustice de ta perte me ravage mon amour, je crois mourir à chaque seconde ma fille, mourir pour être près de toi, mais rien ne se passe, je vis. Je ne comprends plus, je ne comprends pas, je vis, je suis vivante mais sans toi rien n'est plus comme avant et pourtant la Terre tourne encore, les jours et les nuits se succèdent et je suis encore là.

Le 17 avril, nous t'offrons un dernier adieu. Tes cendres sont dispersées dans la Loire près de ton arrière grand-père. S'il y a un ailleurs, tu es près de tes arrière grands-pères, ils t'y ont accueillie et prennent soin de toi, j'en suis sûre.
Puis j'ai rencontré les mamanges de ceux qui doivent être tes amis, la douce Manon, le beau Gabriel, l'adorable Timéo, la jolie Louise, Maèl, Adeline, Morgane, Lùca, Lyla, Gabriel, Lila... et tous les autres. Mon dernier mot sera donc pour vous, celles qui restent et pour qui chaque jour sans eux est un combat : merci encore les filles d'être là.

Notre Gabrielle :

 



Par Mamange - Publié dans : Gabrielle - Communauté : vie de mamange
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