Vendredi 4 septembre 2009
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À toi Arthur, notre amour, notre ange parti trop tôt.
Mon chéri, ta vie fut bien courte puisque tu es mort avant d'être né, mais je me rappelle si bien de chaque moment passé avec toi.
Tout a commencé le 11 février 2009 lorsque j'ai su que j'étais enceinte. Un tel bonheur, je n'y croyais pas, j'ai regardé ce test au moins 10 fois pour être sûre. C'était le plus beau jour de ma
vie. Ce fut dur d'attendre le soir pour le dire à ton papa. Lui aussi était fou de joie. Enfin, nous allions être trois !
Très vite j'ai su que tu étais un petit bonhomme. Mais, chut... Nous ne voulions pas savoir avant ta venue. Et puis, j'étais ravie de faire la surprise à ton papy, mon papa. Lui qui aurait voulu
avoir un fils, voici que j'allais lui donner un petit-fils, son premier petit-enfant.
Le 6 mars, je te voyais pour la première fois. Tu étais minuscule, mais déjà ton petit coeur battait. Quelle douce musique ! Je me rappelle de la vague d'amour qui m'a envahie lorsque j'ai entendu
ces petits battements. Tout allait bien, j'étais heureuse.
Le 8 avril, 1ère écho. Ton papa est là, tout ému de te voir, toi qui ressembles déjà à un bébé. Tu es parfait, tu vas bien. Je suis aux anges. Nous l'annonçons à tout le monde.
Rendez-vous du 4ème mois, la première ombre au tableau. Mon taux d'hCG est en-dessous de la norme. Je suis inquiète, mais il faut attendre la 2ème écho pour être fixés. Que c'est long d'attendre
jusqu'au 18 juin ! Enfin, nous te voyons. Je suis morte de trouille, mais tout va bien. Tu es juste un peu petit. Le médecin me préconise un mi-temps pour que je me repose et une écho de
contrôle 15 jours plus tard. Je vais à l'écho, heureuse de te revoir. Ça ne peut qu'aller car je me repose et je te sens qui bouge. Mais, c'est ce maudit 3 juillet que tout s'écroule.
Le médecin m'annonce malformation sur malformation. Il faut faire une amniocentèse car il pense à une trisomie 18. Le monde s'arrête pour moi. Ce n'est pas possible, il se trompe. Pas toi mon
amour. Non, je ne veux pas. Ce n'est pas possible.
Ensuite, tout s'enchaîne très vite. Le 9 juillet, on m'enfonce cette satanée aiguille dans le ventre. J'ai tellement peur que tu bouges et que tu sois piqué que je ne réalise pas vraiment ce qui se
passe.
Le 16 juillet, le verdict tombe : trisomie 18 confirmée. On nous explique que tu n'es pas viable, que c'est un miracle que tu sois encore vivant dans mon ventre. Ton petit coeur est gravement
malformé et peut s'arrêter à tout moment. Avec ton papa, nous avons pris la décision la plus douloureuse de notre vie : nous allons te laisser partir paisiblement. Nous t'expliquons tout ce qui se
passe, nous te disons que nous t'aimons plus que tout.
Ce 18 juillet, nous sommes allés prendre ces maudits comprimés pour arrêter ma grossesse. Je me suis levée la mort dans l'âme. J'ai l'impression que quelqu'un a pris possession de mon corps et vit
ma vie à ma place. Nous passons nos derniers jours avec toi. Ce week-end est passé si vite. Déjà nous sommes lundi. Il faut aller à l'hôpital pour que tu naisses. Je n'y crois pas, toujours pas.
Nous allons en salle de naissance alors que moi, c'est la mort que je vais donner et pas la vie ! C'est une horreur. Cette journée n'en finit pas et passe tellement vite en même temps. Voilà, tu
arrives, tu es là. Il est 20h44 et tout est fini. Tu es un beau bébé de 680g pour 31cm.
Les sages-femmes s'occupent bien de toi. Elles t'habillent avec cet ensemble naissance que j'avais acheté pour annoncer ta venue à ton papa. Sous le bonnet, il y a plein de petits cheveux bruns. Tu
es si doux sous mes lèvres. Je te prends dans mes bras. Tu es si petit Arthur, j'ai peur de te faire mal. Je sais, c'est stupide. Tu es déjà parti, tu ne ressens plus rien. Mais je te dis quand
même que je t'aime, que tu es beau.
Tu es parti avec le doudou que nous venions juste de te choisir et la couverture que ta maman te faisait, mon amour. Aujourd'hui, tes cendres sont dispersées au jardin du souvenir à Moulhouse, mais
je sais que tu n'es pas là-bas, mais partout avec nous. Quand je vois de la poussière dans la lumière, je me dis que tu es là avec nous mon amour.
Nous t'avons donné un prénom de roi, à toi qui t'es battu comme un petit lion contre cette maladie. Toi qui as vécu assez longtemps pour que nous puissions te serrer dans nos bras. Merci mon
trésor. Car si ta perte est douloureuse, ma joie de t'avoir vu est immense.
Mon prince, tu as changé ma vie à jamais. Tu resteras à jamais dans mon coeur. Je suis fière d'être ta maman mon ange.
Sois heureux mon amour, c'est tout ce que je veux pour toi.
Ta maman qui t'aime
Petit Arthur
Par Mamange
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Publié dans : Arthur
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